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Yves Leterrier

L'âge des coeurs ouverts

Collages

23 février - 28 avril 2017


Yves Leterrier est maître d'enseignement et de recherche à l'Institut des Matériaux. Ses recherches portent sur les polymères composites hybrides et fonctionnels.

Il enseigne la science des matériaux et procédés pour le développement durable et il est également actif dans l'édition scientifique.

Il a par ailleurs créé le « café littéraire » des matériaux à l’EPFL.

Il se trouve qu’il dessine depuis toujours, il a commencé la peinture à l’huile très tôt, dans les pas de son grand-père maternel, et dans les années récentes il s’est mis à créer des collages énigmatiques, dont les titres sont tirés de poèmes surréalistes.

Fragments d’interview :

HS : Où et comment trouves-tu ton inspiration ?

YL : D’abord dans mon imagination. Ensuite, certainement, dans l’observation de la nature si belle et si déf initivement étrange, énigme ultime ! Et finalement, dans le surréalisme, qui consiste à associer deux objets ou idées qui a priori n’ont rien à voir et n’auraient aucune chance d’être ensemble dans la vie dite réelle, mais dont l’association engendre surprise ou incompréhension. Comme dans les rêves avec leur poésie et leur incongruité. Comme dans un de mes collages qui montre un bar et ses consommateurs au beau milieu de la forêt vierge peuplée d’orangs-outans, intitulé « Prisonniers des gouttes d'eau, nous ne sommes que des animaux perpétuels ». Ce titre saugrenu est la première phrase du livre surréaliste culte de Breton et Soupault « Champs magnétiques » de 1919 et qui fait la part belle à l’écriture automatique.

HS : Quelles techniques utilises-tu et préfères-tu ?

YL : Je combine le collage traditionnel, à savoir découpage et assemblage d’imprimés en utilisant des liants acryliques, avec des techniques numériques de découpage et traitement d’images. Parfois, j’ajoute des éléments peints, en utilisant de préférence la gouache. Citons Max Ernst, grand surréaliste devant l’Eternel : « Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n'est pas la colle qui fait le collage. »

HS : Comment définis-tu ton art et ta façon de travailler ?

YL : Un de mes collages est un hommage à Meret Oppenheim, artiste et photographe surréaliste suisse : elle sort d’une tasse, elle porte une cravate de fourrure et son œil gauche est masqué par une cuiller à café. La cravate en fourrure s’inspire d’une œuvre de Mimi Parent. La tasse, la cuiller et la cravate rappellent également l’œuvre célèbre de Meret intitulée « le déjeuner en fourrure » qui est un service à café recouvert de fourrure. Toute cette construction est purement intellectuelle. Mais l’idée de l’œil dissimulé est au contraire spontanée, et m’est venue une fois le collage terminé. Sa signification dérobée est que contrairement à la plupart des gens, les artistes ont deux yeux : un tourné vers le monde, et un tourné vers l’intérieur. Un peu comme les jeunes enfants, en perpétuel émerveillement. Justement, on me demande souvent ce que signifie tel ou tel collage. Ma réponse est que je ne sais pas trop, qu’il pourrait s’agir d’une illustration d’un livre de contes dont chacun pourrait imaginer l’histoire ainsi agrémentée. Les enfants sont d’habitude très forts à ce jeu-là !

Yves Leterrier

L'âge des coeurs ouverts

Collages

23 février - 28 avril 2017

Site : www.saatchiart.com/yvesleterrier

Galerie ELA, Cafétéria des Bâtiments EL , ELA 010

Curatrice : Homeira Sunderland

Information : astie.epfl.ch ou 021 693 28 23

Text: Homeira Sunderland


Last modification : 9h10, vendredi le 27 avril, 2018