L’Entre-monde

ASTIE
 
 
Exposition
Donia Jornod  

Techniques mixtes 

Donia Jornod est née en 1991 à Genève, après avoir suivi des études d’architecture à EPFL puis à ETHZ, elle se consacre désormais aux arts plastiques dans son atelier de Zürich

Fragments d’interview :

HS : Où et comment trouvez-vous votre inspiration ? 

DJ : Un homme attend, dans un lieu disparu, un temps, pas encore réalisé. C’est de cet homme, de ce lieu,  que mon art s’amorce. Je trouve mes inspirations dans la ville, essentiellement dans ses habitants, dans leurs désillusions et leurs doutes, leurs angoisses et leurs silences, mais aussi leurs apaisements et leurs ardeurs — j’aime questionner leurs questionnements et les retranscrire en dessins et en peintures. Les hommes dansent dans la ville, dans l’oubli de leur métamorphose, dans un temps qui semble immuable — le souvenir de cette danse résonne dans mes œuvres par le biais du corps humain. Un corps qui s’allonge au-devant du vide, s’adapte à un format, s’altère face à l’adversité. Cette métamorphose du corps me permet d’explorer l’inhumain et l’irréel des foules. 

HS : Quels sont vos prochains projets artistiques ? 

DJ : Cette nouvelle année sera l’année de nouveaux médiums. J’aime multiplier les techniques et adapter un même thème à une méthode nouvelle, à un matériau nouveau. Deux nouveaux projets verront le jour en ce premier trimestre, un projet vidéo et un projet de sculpture. Ces projets feront écho aux thèmes abordés pour cette exposition, L’« Entre-monde », à la galerie ELA. Ils exploreront en particulier l’idée de la nature fractale du caractère humain, figurée par un entrelacs de visages, comme dans les œuvres présentées dans cette exposition. Ces projets chercheront également à mettre en scène le corps comme miroir d’une réalité perçue et dont le reflet serait déformé — comme si l’œil traversait les songes pour mieux entrevoir le monde.    

HS : Pouvez-vous expliquer comment se passe votre travail, comment vous créez ? 

DJ : Un regard croisé. Puis l’imaginaire derrière le regard. De l’imaginaire, un corps, et le regard encore, parfois vide. Il s’agit ensuite de venir le fragmenter et le déformer de manière à l’abstraire de plus en plus. L’histoire derrière une de mes œuvres débute souvent ainsi. Dans cette exposition de l’« Entre-monde », les regards que j’ai travaillés ne sont pas esseulés, comme je les travaille parfois, ils sont mis en tension les uns avec les autres, leurs mondes se superposent, se croisent ou même se repoussent. Ici, cet aspect pluriel de la figure humaine ajoute un degré de complexité à la composition, et participe à la sensation de rêve, d’entre-monde que j’ai cherché à créer. L’abstraction des traits d’un visage, et parfois même du genre de l’individu à qui appartient le regard duquel émerge l’une de mes œuvres, provoque au cœur de la figure peinte une impression de réalité transcendée, de nature inhumaine. Cette nouvelle figure devient ainsi anonyme, elle devient toute personne, et le regard d’origine, celui qui a insufflé l’idée du rêve, se confond avec le regard de chacun.  

Homeira Sunderland 
Curatrice  

« LE CHRONOSCOPE: IMAGES DU TEMPS, ECLATS DE TEMPS »

Site : thomas.desbrieres.pagesperso-orange.fr

Exposition : du 16 avril au 6 juin 2018

Galerie ELA, Cafétéria des Bâtiments EL , ELA 010

Curatrice : Homeira Sunderland

Information : astie.epfl.ch ou 021 693 28 23

Text: Donia Jornod


Last modification : 14h18, vendredi le 8 février, 2019